Comment arrêter de courir après le temps ?

C’est un fait. Si vous êtes parent, il est fort probable que vous vous êtes déjà un jour posé cette question. Mais comment se fait-il que nous ayons sans cesse le sentiment de courir ? Etre parent et assurer au boulot, ça donne souvent l’impression d’avoir le cerveau rempli de post-it ou d’onglets excel toujours ouverts, en cours de traitement… L’autre jour, une amie me disait : « Je ne fais pas de pause. Je suis sans cesse en train de jongler entre les besoins de mes enfants et le boulot que j’ai à terminer. Je bénis le Drive et mon smartphone ! »

Et si justement, la première étape était de comprendre que l’arrivée des outils numériques dans notre quotidien a contribué à modifier notre rapport au temps ?

Un temps qui semble élastique à l’ère numérique

Si pouvoir prévenir la nounou en un message de son retard ou finir de rédiger un mail dans l’ascenseur peut nous paraître très pratique, mis bout à bout, ces comportements ont modifié notre rapport au temps.

  1. On densifie. Plus un seul moment de pause, on optimise tout le temps mis à notre disposition. Là où avant on aurait pris notre mal en patience dans la file d’attente de La Poste, dorénavant on en profite pour lire un mail.
  2. On intensifie. Le multitasking, ça vous parle ? Pendant que votre chef déroule les points à l’ordre du jour de la réunion, vous en profitez pour répondre à un de vos clients. A une même unité de temps, on affecte plus de tâches.
  3. On accélère. Comme on sait que tout le monde a son téléphone à portée de main, on ne supporte plus d’attendre une réponse un jour (voire quelques heures…). Qui n’a jamais vérifié plusieurs fois que le message s’affichait comme lu par le destinataire ? Nous sommes dans une société d’hyper-connexion, où l’on nous demande une réactivité constante.

C’est si pratique. Si pratique de pouvoir réserver en un clic les billets de train pour aller voir papi et mamie. Oui mais justement. Ces nouvelles habitudes numériques ont construit un monde où la vitesse est reine. Or on ne peut malheureusement pas tout accélérer parce que …

… Nos besoins humains de base font résistance

Vous avez bien lu. On reste des HUMAINS. Et malgré tout ce que cette culture numérique nous permet de faire, notre vécu humain a son propre rythme.

  1. Le temps des émotions : Vivre une déception, partager un moment de tendresse, … Voilà des situations qui ont leur propre rythme. On ne peut pas décider d’accélérer notre façon de vivre ses sentiments.
  2. Le temps de l’enfant. L’enfant a une notion du temps qui lui est propre. Il lui faut du temps pour ses apprentissages. Il fonctionne par cycle d’essai-erreur. En tant que parent, on croit qu’une fois que son enfant a réussi à mettre ses lacets tout seul la première fois, c’est parti pour toute la vie. Or, à chaque acquisition de nouvelles compétences qui l’autonomise, l’enfant sent le besoin de revenir en arrière pour s’assurer de sa base de sécurité. En tant que parent, c’est parfois fatiguant : devoir répéter les choses, s’agacer de sa lenteur … En tant qu’adulte, c’est à nous de nous mettre à leur hauteur. Les enfants sont les meilleurs ambassadeurs d’un temps juste pour chaque chose.
  3. Le temps des saisons. On ne se sent pas la même énergie l’été comme l’hiver. Nous n’avons pas les mêmes ressources ni les mêmes besoins. Si on culpabilise de ne pas coucher ses enfants avant 20h en plein hiver, on culpabilise beaucoup moins quand on profite du repas en famille au soleil en plein été, même un mardi soir …

Finalement, notre sensation de courir après le temps vient de là : du décalage qui existe entre nos besoins humains immuables et notre société du numérique où tout va vite. C’est comme si on mettait des lunettes « accélératrices » sur tous les aspects de notre vie, avec l’envie de bien faire en tout.

Et si on réapprenait à souffler ?

Voilà quelques idées pour mettre en accord votre rythme de vie avec vos envies.

  • Choisissez en conscience les moments où vous utilisez votre smartphone. On ne vous dit pas de vous déconnecter du jour au lendemain ! Mais vous pouvez commencer à réfléchir à l’usage que vous en faites et décider des moments où vous souhaitez vous concentrer sur l’instant présent. Ou encore choisir de ne consulter votre téléphone qu’une seule fois à un moment de la soirée, pour profiter de votre famille sans stresser de rater quelque chose.
  • Réévaluez vos priorités. Vous avez une liste sans fin de tâches pro et perso à accomplir ? Commencez par noter toutes ces tâches sur un papier et indiquez pour chacune d’elles si elle vous parait « urgente » ou « importante » ou « à supprimer ». Parfois le temps qui passe rend certaines tâches caduques et choisir de les rayer en conscience, ça fait du bien. C’est le moment de voir aussi ce que vous pouvez déléguer…
  • Testez la pleine conscience ou la méditation. Ces nouvelles pratiques à la mode font du bien pour entraîner son cerveau à déconnecter des pensées parasites. Vous pouvez par exemple commencer avec Petit Bambou

Et surtout, soyez indulgent avec vous-même ! C’est en relâchant la pression, en acceptant que tout n’est pas parfait, que vous pourrez à nouveau apprécier les choses comme elles sont.

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