Contractions : tout ce que tu devrais savoir (et que personne ne te dit)

Nouvelle rubrique sur le blog : les articles de Il Parto Positivo !

On est tellement heureuse d’inaugurer ce partenariat ! Comme vous le savez (ou pas encore peut-être 😉 ), Clémence habite à Rome et exerce comme accompagnante à la naissance en Italie. Alors c’est l’occasion pour nous de vous faire partager de nouveaux éclairages sur la parentalité et la naissance, d’un point de vue transalpin (et transmanche dans ce cas aussi). Cécilia et Silvia, ce sont deux italiennes qui habitent à Londres, l’une diplômée de philo et l’autre de neuroscience, toutes deux mamans. Elles ont créé Il Parto Postivo (l’accouchement positif en français), pour accompagner toutes les mamans, quelles que soient leurs envies, à préparer leur accouchement et leur maternité, en leur proposant des outils basés sur leur connaissance du fonctionnement de notre cerveau. Elles ont une approche à la fois décomplexée, drôle et résolument scientifique (evidence-based en anglais) et proposent via leur blog une série d’articles très utiles à notre réflexion sur la préparation à la naissance. Et on est ravie de pouvoir vous en proposer régulièrement la traduction en français !

Aujourd’hui, une des grandes questions phares que l’on aborde quand on est enceinte : les contractions.

Bonne lecture !

Qu’est ce qui se contracte ?

L’utérus. Qui est un faisceau de muscles.

Quels sont les autres muscles du corps humain qui font un mal de chien quand ils travaillent correctement ?

Aucun.

Du coup, pourquoi nos contractions doivent-elles être un calvaire ?

  • parce qu’on a un cerveau complexe ;
  • parce que on ne se prépare pas (et on ne nous prépare) de façon adéquate ;
  • parce qu’on se complique (et on nous complique) la vie.

Et donc, ces contractions, ces mouvements de l’utérus, essayons de mieux les connaître et les comprendre.

Pour qu’à la fin, elles nous fassent moins peur. Et donc moins mal

  1. On ne subit pas les contractions, on les fabrique nous-même

Non, ce ne sont pas des coups dans la tête qu’un fou sadique nous assène alors qu’on à la tête dans un sac. C’est un mouvement précis que notre corps sait faire. Si on sait pourquoi et comment il le fait et qu’on le laisse faire.

  1. Les contractions sont une douleur « propre ».

 A la différence des autres douleurs que nous connaissons, les contractions ne laissent pas de traces, de bleus ou de séquelles. C’est une sensation intense, et quand elle passe, elle passe. Elle nous informe quand elle arrive, et nous dit au revoir quand elle s’en va. Elle est intense, mais courtoise. Comme une vague : elle commence graduellement, atteint un pic, et s’évanouit graduellement. Complètement.

  1. Les contractions laissent du répit

Entre une contraction et une autre, il y a une pause complète. Totale.

La première phase du travail, la plus longue, présente en moyenne une contraction de 30 secondes, pour 4 minutes de repos. Sur 60 minutes de temps – une heure- , les contractions représentent moins de 10 minutes.

Quand le travail s’intensifie, on a des contractions d’une minute, avec 3 minutes de pause. Sur 60 minutes de temps, il y a 15 minutes de contractions et 45 minutes de repos.

La phase finale, la plus courte, a un rythme de contraction/repos d’une minute chacun. On est donc à 50% de chaque.

La pause entre une contraction et la suivante a une fonction spécifique : nous permettre de nous reposer. Si on la passe à s’agiter, à anticiper l’arrivée de la prochaine contraction ou (pire !) à interagir avec le personnel qui nous entoure … on la gâche. La contraction suivante nous prendra par surprise et nous emportera. Elle sera vraiment douloureuse et peu efficace, aussi. Les prochaines seront aussi plus compliquées. Comme les vagues, elles se rechargent à tour de rôle. Si au contraire on reste bien à l’intérieur de notre bulle durant le travail (et notre conjoint ou notre sage-femme savent comment éviter que les autres la rompent !), on s’endort et quand arrive la prochaine, on la suit et on la passe dans un état de demi-sommeil.

Ce n’est pas un hasard si beaucoup de femmes qui ont eu un accouchement doux jurent qu’elles n’ont pas senti la douleur. Ce n’est pas un bobard . Elles n’ont pas oublié. Simplement, elles l’ont évitée.

  1. Les contractions nous facilitent les premières heures avec le bébé

Chacune des contractions est un pas de plus qui nous rapproche de notre enfant.

Comme pour faire l’ascension d’une montagne bien raide, on a besoin de préparation et d’un guide expérimenté. Quand tu arrives sur la cime, il n’y a aucun téléphérique qui puisse rivaliser avec la sensation d’avoir conquis le sommet par toi-même. Et les hormones le savent : elles affluent en conséquence. La satisfaction physique d’un accouchement doux et naturel est, d’un point de vue purement chimique, le meilleur bagage pour la création du lien et l’allaitement.

  1. Le mot “contraction” nous fout dedans dès le départ.

Rien qu’à le prononcer, on se met dans un état de tension total. Par peur, et par réaction physique au sens du mot lui-même. Rien qu’à le prononcer, on fait l’exact contraire de ce que notre corps voudrait que nous fassions : on se met en état de tension alors qu’on devrait  se laisser aller. Étiqueter « douleur atroce » le mot contraction dans sa tête, c’est le plus sûr moyen de le vivre ainsi.

Si personne ne disait plus “contractions” mais “sensations” par exemple, ou, pour celles qui n’ont pas peur de passer pour des hippies, “vagues de l’utérus”, on commencerait déjà à mettre en place une approche plus encourageante.

Comme pour tout le reste dans le domaine de la maternité (et on apprendra vite à le comprendre avec notre enfant), combattre et s’opposer ne sert à rien. Ca rend les choses plus difficiles. Ça fait plus mal.

Notre corps peut tout faire.

C’est notre esprit qu’on doit convaincre.

3 réflexions sur “Contractions : tout ce que tu devrais savoir (et que personne ne te dit)

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