A la rencontre de … Louis !

Aujourd’hui, une nouvelle rencontre ! Louis, 45 ans, papa de Victor, 6 ans, et Evan, 3 ans, partage avec nous sa belle aventure de papa. Il nous parle avec beaucoup de sagesse et de sincérité de sa vision de la vie, nous confie comment il s’est préparé et a vécu sa paternité, comment sa vie de famille oriente sa vie. On leur souhaite de trouver les tropiques 😉 Merci infiniment pour ce partage qui on l’espère vous inspirera et vous touchera autant que nous.

Si tu devais choisir trois mots pour décrire comment tu as vécu l’attente de ton/tes enfants, quels seraient-ils ?  

Excitation & Trouble. Aventure & Mystère. Beauté & Sens de la vie

Comment tu t’informais à l’époque ? Quelles étaient tes ressources pour répondre à tes questions ?

Je me suis toujours informé en écoutant et en observant les autres depuis longtemps, je n’ai donc pas eu de démarche particulière. Je pense que j’étais prêt à être père depuis longtemps, en tous cas en ce qui concerne les incidences pratiques & les responsabilités que cela génèrerait.

Dès que j’ai su que j’allais être père, je me suis mis volontairement en mode découverte, et j’ai essayé de laisser venir les choses à moi, en essayant de vivre et de ressentir les émotions au maximum. Ce qui peut occasionner des différends dans un monde où on veut tout cadenasser, maîtriser et tout planifier…

Mais c’est surtout ma chérie qui m’a fait découvrir des choses. Par ex., elle m’en embarqué et même poussé à assister à des événements auxquels je n’aurais pas participé de ma propre initiative (séances de préparation à l’accouchement). J’avoue avoir apprécié alors que j’étais plutôt sceptique au départ.

Quelles étaient tes plus grandes craintes ? 

Que l’acccouchement se passe mal pour la maman, ou que les enfants naissent avec un problème, une maladie. Mais cette crainte n’a jamais été la plus forte, car le suivi médical est de qualité en France, et ma compagne a plutôt bien vécu et bien géré ses grossesses. Elle a toujours été forte, belle, confiante et donc me rassurait beaucoup sur ce point.

C’est surtout que mes enfants naissent dans un monde de plus en plus difficile, dure, hostile. Toute la dureté & les incohérences de ce monde vous sautent à la figure lorsque naissent ces petits êtres fragiles. Cela vous met en face de vos propres responsabilités, et de l’irresponsabilité du reste du monde. Qu’ai-je fait pour leur laisser un monde plus juste & plus serein ? Malheureusement on ne peut pas tout contrôler, mais le plus dur c’est de l’intégrer et de vivre avec…

Pendant la grossesse et les premiers mois après l’accouchement : qu’est-ce qui t’a le plus aidé ? le plus manqué ? 

Ce qui m’a le plus manqué : ma famille, mes parents, j’aurais souhaité qu’ils soient plus souvent là pour partager plus régulièrment ces instants avec eux. Heureusement qu’il y avait face time, c’est déjà bien, mais il manquait le contact.

Ce qui m’a le plus aidé : Ma compagne et mes beaux parents, ils ont toujours été présents, très positifs et plein de chaleur humaine.

Es-tu manuel, créatif? L’as-tu utilisé pour créer des choses pour ton bébé ? 

J’ai la prétention de dire que je suis quelqu’un de créatif, mais je reste un manuel « forcé ». Cad je pense que je me débrouille plutôt bien quand il s’agit de faire des choses manuelles, mais je m’y donne si mon entourage, ou l’environnement m’y pousse, m’y contraint. De là à dire que j’ai créé des choses pour bébé…ma compagne est beaucoup plus forte & beaucoup plus disposée que moi à ce niveau.

Est-ce que tu as trouvé difficile de t’affranchir des règles culturelles, sociales, familiales ? Qu’est ce qui t’a aidé à définir ta propre voie ?  

Oui, mais il y a longtemps avant que je ne rencontre ma compagne. Qu’il fallait se marier tôt par ex., se marier avant d’avoir des enfants, avoir une maison pour mettre toute sa famille dedans etc. Ce ne sont jamais trop mes parents qui m’ont bourré la tête avec ça, mais plutôt l’entourage ou le milieu culturel dans lequel j’ai évolué.

Finalement j’ai toujours écouté les autres en me forgeant ma propre vision des choses, en m’appuyant sur des faits, en évaluant les risques et en écoutant mes envies, et ceux de mes proches. Le fait d’être parti de chez mes parents, d’avoir vécu à l’étranger longtemps, et de m’être retouvé seul en région parisienne vous poussent à analyser, à comprendre votre environnement, à vous adapter, et m’ont donc permis de m’affranchir de toutes ces règles et de cet ordre. Ce qui est vrai ailleurs, ne l’est pas forcément ici, et vice versa. Je crois finalement qu’il faut sans cesse s’adapter à son contexte, et remettre en cause ce qui semble être normal de faire. Les choses vont très vite aujourd’hui, dans un sens comme dans l’autre, il faut donc être extrêmement vigilant. Le plus difficile est de ne pas être compris dans sa démarche, de paraître pour un original ou un fou, mais sur les choses importantes je m’efforce de garder le cap même si je passe pour un dingue. J’ai pour moi d’avoir une certaine expérience, d’avoir vu des désastres vertigineux (alors que tout allait bien quelques temps avant), de beaucoup me documenter et d’avoir eu le courage de quitter plusieurs fois mon périmètre de confort.

J’ai également découvert avec beaucoup de joie maitenant, mais dans la douleur quand c’est arrivé, qu’il fallait savoir devenir humble, sage, raisonnable pour durer et qu’il fallait savoir dépasser ses envies (et non pas renoncer à elles !). Ce qui m’importe, ce n’est pas tant de bien commencer, mais plutôt de bien finir…

Quelle est l’étape de préparation de l’arrivée de bébé que tu as préférée ? 

J’ai vraiment apprécié toute la grossesse, mais en tant qu’homme on est quand même un peu passif. J’avoue avoir beaucoup aimé les 24 h avant l’arrivée de bébé : l’imminensce de son arrivée, l’excitation qui monte, l’attente joyeuse à l’hopital, les infirmières formidables.

Mais le point d’orgue ça a été de voir leur toute petite tête sortir du ventre de leur maman. Ca a provoqué en moi à chaque fois une explosion de sentiments incroyablement forts, inmaîtrisables & absolument inoubliables.

Comment voyais-tu ton rôle par rapport à la mère, est-ce que ça a évolué pendant la grossesse et après la naissance? 

Modestement, comme celui d’un facilitateur de vie, d’un homme à tout faire sur les aspects pratiques tout du moins, pour essayer de rendre la vie de ma compagne la plus facile possible. J’espère y être arrivé …

En toute honnêteté, après la naissance on fait ce qu’on peut, mais faut pas oublier l’autre, et il ne faut pas s’oublier non plus.

Si tu pouvais créer ou contribuer à quelque chose en rapport avec la parentalité , qu’est-ce que ce serait ?

En tant que père, je réflèchirais à mettre à plat tout le matériel nécessaire pour transbahuter les enfants. Poussettes, sièges auto, nasselles, coffre de toit et tout ce bordel. C’est une galère absolue pour le père : c’est encombrant, il en faut un différent pour chaque âge, ça coûte une blinde, ça évolue sans cesse. J’insiste, c’est une vraie galère, un vrai sacerdoce. Ce qui m’énerve encore plus, c’est que tous les fabriquants & les politiques (par le biais des lois) jouent sur la peur primale des gens (qui feront tout pour que leur enfant soit en sécurité), génèrent une vraie psychose, pour des effets je pense assez limités aujourd’hui compte tenu du niveau de sécurité de nos véhicules. Faudrait vraiment simplifier tout cela, mutualiser les produits ! Je n’ai vraiment qu’une hâte, celle de pouvoir me débarrasser de tout ça !

Je créerais une vraie société de services fiable qui proposerait au parents très actifs comme nous, d’aller chercher, ou d’emmener tes enfants à la crèche ou à l’école. En dessous de 7 – 8 ans, il n’y a rien ou quasiment rien (C’est étonnant d’ailleurs). C’est la course et la grande démerde pour les parents. Les quelques sociétés qui existent sont toutes des arnaques et ne sont absolument pas dignes de confiance (De toutes façons, elles ne te proposent jamais personne)

Si tu devais choisir une vertu, qualité que tu aimerais offrir à ton enfant pour l’aider à vivre une vie heureuse, quelle serait-elle ?

Le goût de la découverte, de toujours bien faire les choses, de vouloir se dépasser, mais en toute simplicité, sans se prendre trop au sérieux, et toujour en pensant aux autres.

Si tu attendais un nouvel enfant  aujourd’hui, que ferais tu différemment ?

Si ce n’est d’avoir mes enfants sous les tropiques au milieu d’une collectivité de personnes simples qui jouissent pleinement de la vie sans se prendre la tête, je ne changerais absolument rien. Nous n’avons rien planifié, j’ai adoré ça, ça a été à chaque fois une aventure, et une divine surprise (mais je peux comprendre que la perception puisse être différente pour celle qui m’accompagne).

Un endroit où on n’ait pas besoin de poussettes et de sièges auto, et où on n’ait pas besoin de courir tout le temps…

Qu’as-tu découvert sur toi en devenant père ?

Que Dieu existe. Je le savais déjà, mais ça n’a fait que confirmer.

Que l’existence est quelque chose de magique, fantastique.

Je pensais avoir plus d’autorité que ça avant d’avoir des enfants.

Avant je dominais mon travail, aujourd’hui je le subis beaucoup plus.

Que finalement, nous avons plus de ressources que nous le pensons.

Que je me débrouille finalement pas si mal en tant que père. Rien n’est pas parfait, mais entre le travail, les obligations, les envies des uns et des autres, je pense que je m’en sors pas si mal.

Et sur ta compagne, en la découvrant mère ?

Que j’ai vraiment eu une chance divine de la trouver, mais ça je le savais déjà.

Je trouve qu’elle gère plutôt bien tous les ascpects de sa vie en tant que maman, compagne, professionnelle et amie. Elle fait ce qu’il faut sur chacun des points, chapeau !

Elle est forte & très courageuse.

Elle a une approche extrêmement intelligente de l’éducation. Tout ce qu’elle fait est parfait (de mon point de vue en tous cas). Elle analyse, observe, n’hésite pas à remettre en cause les courants de pensée, les dogmes, s’adapte aux enfants tout en leur donnant une éducation très équilibrée entre liberté, exigeance, amour et justice. Pas facile, surtout quand on a soi même une maman pédiatre. C’est ça que j’appelle l’intelligence de la vie (c’est très portugais). Au final il n’y a que ça qui compte !

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