A la rencontre de Florence

Aujourd’hui, nous allons à la rencontre de Florence, 31 ans, jeune maman de Nelson 2 mois. Elle partage avec nous l’expérience de cette première grossesse et son cheminement personnel.

Si tu devais choisir trois mots pour décrire ta grossesse, quels seraient-ils ?

Inattendu : Cela s’est vérifié tout au long de ma grossesse : ce n’est pas forcément les choses auxquelles je m’attendais qui ont été les plus compliquées et vice-versa. Ainsi, alors qu’en temps normal, le poids n’est pas un sujet, à partir du 2nd trimestre de grossesse, le poids est devenu un vrai facteur de stress car il m’est arrivé de franchir d’importants paliers en quelques semaines à peine (ex : +4 kgs en 2 semaines au 2nd trimestre).

Incroyable capacité de récupération du corps : A l’issue de l’accouchement, qui s’est avéré extrêmement douloureux, j’étais dévastée. Pendant 3 jours, je n’ai pas pu prendre une douche seule et j’avais beaucoup de difficultés pour me lever et m’asseoir. Quant à marcher c’était vraiment au ralenti, en mode « petit canard ». Et pourtant, moins d’une semaine après avoir accouché je tenais à nouveau debout sur mes jambes, ce qui me semblait inimaginable quelques jours plus tôt.

Plongée dans l’univers de la puériculture : J’ai longtemps repoussé la préparation de la valise de maternité ainsi que la préparation de l’arrivée du bébé d’un point de vue matériel (achats d’équipements, de vêtements…). Entre mon travail et les différents rendez-vous médicaux qu’implique la grossesse, il ne me restait que très peu de temps libre. Je n’avais jamais été attirée par l’univers de la puériculture et y consacrer du temps s’apparentait pour moi à une corvée. Et pourtant lorsque j’ai dû m’y mettre, un démon s’est emparé de moi. En fin de grossesse, l’unique rayon qui m’intéressait dans un magasin était celui de la puériculture. J’ai également développé une addiction au Bon Coin dont je ne suis pas fière ! En prenant un peu de recul, je pense que dans une période assez stressante (menace d’accouchement prématuré) accumuler des objets m’a donné la sensation d’être armée pour faire face à la déferlante 😊 Pour autant, tous ces équipements, aussi pratiques et performants soient-ils, ne remplacent pas l’expérience qui s’acquiert progressivement au contact de son bébé.

Comment tu t’informais à l’époque ? Quelles étaient tes ressources  ?

Mon sage-femme (un homme dans un environnement qui confine au gynécée !) a été mon radar tout au long de la grossesse. Ce spécialiste est un appui essentiel pour la femme, y compris après la grossesse. Il est important d’être à l’aise avec la personne qui vous suit et de pouvoir aborder les sujets qui vous préoccupent des plus anodins aux plus intimes : problèmes de santé, conseils de puériculture ou sexualité. Si vous ne vous sentez pas à l’aise avec votre sage-femme, changez-en !

En complément, notamment pour des questions pratico-pratiques, les sites internet (Parents.fr,  Magicmaman) ainsi que les forums de discussion, que je ne consulte pourtant pas habituellement. Ces différentes sources d’information m’ont été utiles en maintes occasions. Exemple : j’étais dans un grand supermarché et me suis dit que j’allais en profiter pour acheter les alèses et les draps du lit de bébé. Une fois devant le rayon, combien en acheter pour ne pas être en permanence dans les machines à laver ? C’est grâce à un forum de discussion que j’ai trouvé la réponse (2 alèses et 4 draps housse). Idem lorsque je me suis interrogée sur le nombre de biberons dont j’aurais besoin (8 de 330 ml afin d’en avoir un stock suffisant pour la journée + le sac à langer/la nounou).

Les échanges avec les copines déjà passées par là sont précieux également une fois que l’on maitrise le vocabulaire de base de la puériculture.

Pendant la grossesse et les premiers mois après l’accouchement : qu’est-ce qui t’a le plus manqué ?

Dans les premiers mois de la grossesse, ce qui m’a le plus manqué c’est un site validé par les autorités de santé (et non des sites/forums dont les propos ne sont soumis à aucun contrôle) sur les aliments autorisés. Comme la majorité des femmes, je ne suis pas immunisée contre la toxoplasmose, et il m’est arrivé de passer de longues minutes à m’interroger sur la carte d’un restaurant sur ce que j’étais en droit de consommer. Dans le doute, j’ai souvent opté pour la prudence et me retrouvais à manger toujours un peu la même chose… Ce qui peut être assez déprimant à la longue et ce d’autant plus dans une période où les nausées et la sensation d’inconfort sont particulièrement présentes.

Les premiers mois après l’accouchement, ce qui m’a énormément manqué c’est un service de type halte-garderie dès le 1er mois de vie de l’enfant. Lorsque le père repend le travail 15 jours après la naissance de l’enfant, s’occuper d’un bébé (matin, après-midi, soir et nuit inclus) est extrêmement lourd à gérer. J’aurais eu besoin de pouvoir laisser mon bébé plusieurs après-midis par semaine pour pouvoir dormir, faire une ballade, m’oxygéner. Je suppose que les structures d’accueil collectif ne sont pas autorisées à accueillir un nourrisson dont l’immunité est encore trop faible (les premières vaccinations sont effectuées à 2 mois). Je trouve toutefois que c’est une charge extrêmement lourde que l’on fait peser sur la mère, au motif qu’elle est en congé maternité, au détriment de sa santé physique et psychique. C’est d’autant plus injuste qu’il faut du temps pour se remettre physiquement d’un accouchement et que la femme a également l’enjeu de se retrouver en tant qu’individu (comment se retrouver si bébé est là en permanence et qu’on dort très peu ?).

Etais tu manuelle, créative avant la grossesse?  Pendant ? 

Moi qui ne suis pas très manuelle, j’ai souvent de grandes bouffées de créativité à l’approche de Noel. Bébé étant prévu pour décembre, je savais que cette année je serais davantage dans les couches que dans les paquets. En congé prénatal fin octobre, j’ai pris le temps de préparer 2-3 bricoles (rien qui ne me demande trop de temps, de concentration ou d’énergie mais quelque chose tout de même). J’ai été ravie de les offrir en décembre. Dans une période de grands bouleversements continuer – même d’une manière un peu différente – de faire des choses que l’on faisait avec plaisir avant est important.

Tu en as profité pour créer différemment ? 

Je dirais plutôt que la grossesse n’a pas été un frein à la réalisation de certaines de mes envies. Je m’étais inscrite à un atelier d’écriture de 3 jours fin octobre. C’était une période particulièrement tendue marquée par une menace d’accouchement prématuré. Je me suis beaucoup interrogée avant de participer à cet atelier réservé de longue date. Finalement, j’y suis allée, en me promettant d’être attentive à mon corps et c’est passé… Avec beaucoup de repos avant et après !

Est-ce que tu as trouvé difficile de t’affranchir des règles culturelles, sociales, familiales ? 

J’ai choisi d’allaiter mon bébé au biberon. C’était une idée que j’avais avant même d’être enceinte. Le fait que mes parents m’aient allaitée au biberon m’a sans doute beaucoup aidée à me décider dans ce sens (cela m’a permis de m’affranchir d’un certain sentiment de culpabilité). Cette orientation n’a toutefois pas toujours été facile à assumer vis-à-vis de certains soignants. Avec du recul, c’est un choix qui me correspond parfaitement car, selon moi, il favorise une récupération plus rapide du corps, installe d’entrée de jeu une situation de responsabilité partagée entre le père et la mère. Par ailleurs, alors que je suis encore en train de me réapproprier mon corps, il est plutôt agréable de me dire que cette partie de mon corps m’appartient totalement, n’a pas été « prêtée » au bébé et n’a donc pas subi de changements majeurs. Dans une période marquée par de profonds bouleversements, je trouve cela rassurant.

Quelle est l’étape de préparation de l’arrivée de bébé que tu as préférée ? 

Je n’ai pas tellement aimé être dans l’attente. Je suis une impatiente de nature, on ne se refait pas ! En fait de préparation, j’avais surtout hâte de sortir de la période gestation pour que mon bébé devienne une réalité à part entière.

Etait ce facile d’intégrer le papa ? Te souviens-tu d’une activité ou d’un rituel qui vous a permis de vivre cette grossesse en vous sentant ensemble ?

Il a été facile d’intégrer le papa à la grossesse car il avait très envie de ce nouveau rôle, de cette nouvelle étape dans notre couple. On a fait quelques cours de préparation à l’accouchement à l’hôpital mais on n’a pas tellement aimé : c’était en pleine semaine, on avait la tête pleine des mails auxquels il nous faudrait répondre à l’issue du cours. On vivait plus cela comme une contrainte que comme une étape qui nous rapprochait de la concrétisation du projet bébé. On a alors décidé de poursuivre les cours de préparation à l’accouchement en individuel avec notre sage-femme, le samedi en fin de matinée. Ça nous a permis de ne plus voir ces rendez-vous comme une tâche de plus dans notre agenda mais de profiter pleinement de ce moment pour se reconnecter au projet bébé.

Si tu pouvais créer ou contribuer à quelque chose en rapport avec la maternité, qu’est-ce que ce serait ?  

Un service d’accueil collectif temporaire pour les enfants de 0 à 2,5 mois afin de soulager les mères en congé maternité quelques heures par semaine.

Si tu devais choisir une vertu que tu aimerais offrir à ton enfant pour l’aider à vivre une vie heureuse, quelle serait-elle ?  

La confiance en soi, qui est à la racine de toute chose, et l’aptitude au bonheur, un état d’esprit que l’on transporte avec soi. Tout n’a pas à être 100 % parfait pour être heureux.

Si tu étais à nouveau enceinte aujourd’hui, que ferais tu différemment ?

Je ne laisserais aucune douleur – même un peu sourde – s’installer au prétexte que « je suis enceinte, cela s’accompagne forcément de petits désagréments ».

Je prendrais régulièrement quelques jours de repos dans les derniers mois de la grossesse afin de pouvoir travailler le plus longtemps possible sans pour autant mettre en danger le bébé.

 

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