Comment se protéger des « petites phrases » pour vivre une grossesse sereine ?

Les affirmations péremptoires (Ah, 14 novembre, ça sent la Saint Valentin ça !), les questions déplacées (mais c’était voulu ?), les conseils péremptoires (tu ne devrais pas acheter de tétines ), les récits traumatiques (oh la la, moi ça été compliqué, … les trois premiers mois, quel cauchemar…), les éternels débats où l’on se sent obligée de justifier ses choix (tu vas allaiter ? Tu ne veux pas pendre la péridurale ?!) …  Bref, nos oreilles de femmes enceintes sont très sollicitées et très souvent exposées à un magma ambiant d’injonctions / questions / histoires qui fabriquent un climat peu rassurant autour de la grossesse.

Une histoire intime versus un état universel

Pourquoi chaque personne rencontrée se met-elle à discourir, chaque fois qu’elle aperçoit un ventre de femme enceinte ? Cela donne l’impression que votre grossesse appartient  tout le monde. C’est comme comme si vous étiez une expérience universelle et plus une personne à part entière. Comme si votre ventre qui s’arrondissait cachait la personne que vous êtes.

Une naissance à venir, c’est un moment très intime, mais c’est aussi un moment qui semble abolir les frontières.  Tout le monde « veux en être ». Peut-être parce que cela vient réveiller des interrogations chez la personne qui vous fait face ? Que le fait de vous formuler sa pensée lui permet d’être plus sure de ses choix ? Il semble que le ventre d’une femme enceinte rappelle par sa présence le mystère de la naissance, et que pour le maintenir à distance, ou tout du moins pour l’apprivoiser, chaque personne a besoin de raconter « sa vérité ».

Si l’on peut comprendre pourquoi, ça n’est dans les faits pas toujours facile d’être le réceptacle des pensées et avis des autres ! En tant que femme enceinte, on traverse une période de passage, de réinterrogation de son identité. On a besoin de rêver, d’imaginer, de faire la place mentalement à ce bébé qui arrive, à l’intérieur de soi et dans son couple. On a besoin d’informations sur ce qui nous arrive, mais d’informations que l’on a été chercher auprès des bonnes personnes, au moment où l’on se sentait prête à les entendre. C’est déjà compliqué de cheminer avec ses propres interrogations et images mentales, sans que l’on ait besoin d’entendre les fantasmes et vécus des autres ! Comment faire alors pour se protéger des mauvaises ondes ambiantes ? Et pourquoi c’est important ?

Construire sa propre image de l’accouchement, de la naissance et de la maternité

Les mots disent des choses et véhiculent des idées. Ça parait évident, mais pourtant il est utile de le rappeler. Si l’on vous répète sans cesse depuis que vous êtes toute petite, que vous êtes tête-en-l’air, il y a de forte chance que vous soyez persuadée de l’être. De la même façon, si vous passez votre grossesse à entendre des histoires inquiétantes sur l’accouchement, ou des conseils tous plus contradictoires les uns que les autres sur la quintessence d’une « bonne mère », vous pourriez avoir le sentiment qu’une épreuve immense vous attend…

Il est donc urgent de choisir vous-même ce qui passe à travers vos oreilles et ce que vous avez envie d’entendre ! La naissance, l’accouchement et le devenir mère se préparent. Vous prenez soin de votre santé et de celle du bébé en vous rendant à vos différents rendez-vous médicaux. Apprenez à prendre soin de votre mental en vous entourant de ce qui vous fait du bien.

3 petits conseils pour vous fabriquer une petite couche de protection et vivre au mieux entourée de vos voisins 🙂
  • N’ayez pas peur de dire non !

Si la voisine du rez-de-chaussée vous coince au pied de l’ascenseur et commence à vous racontez comment son accouchement s’est mal passé, ou que votre collègue s’épanche sur les complications qu’a connues sa belle-sœur, vous êtes en droit de dire stop ! « Ecoute, ça me touche beaucoup que tu essayes de me fournir des informations sur des situations qui peuvent se présenter potentiellement, mais je préfères que tu ne m’en dises pas plus ». Personne ne se vexera. Au pire, on pensera que vous êtes « hyper sensible », mais comme vous êtes enceinte, ça passera comme une lettre à la poste !

  • Ton histoire n’est pas mon histoire : construisez votre vocabulaire 

Peut-être avez vous entendu votre mère, ou votre sœur vous parlez de leurs expériences. Il est parfois plus difficile de mettre à distance les croyances familiales… Mais rappelez-vous que chaque naissance est unique, chaque bébé est différent, chaque femme aussi. Laissez à chacune son histoire. La naissance est avant tout une question de perception. La césarienne, par exemple, peut-être mal vécue pour certaine et un soulagement pour d’autres. Vous êtes libre d’écrire votre histoire. Et si vous sentez que des peurs et des angoisses résonnent, peut-être est ce le moment de les déconstruire avec l’aide d’un professionnel par exemple ? La sophrologie peut aider dans ces cas-là. Vous pouvez aussi vous construire un recueil de mantra à vous répéter, façon méthode Coué ! En voici quelques exemples, à propos de l’accouchement (à vous de les personnaliser) :

– Mon corps sait accoucher. Je lui fais confiance

– Les contractions sont des vagues qui m’aident à partir à la rencontre de mon bébé

– Chaque minute qui passe me rapproche de mon bébé.

  • Choisissez un espace d’écoute et de parole qui vous plait 

Se protéger des conseils et avis en tout genre, prononcés à torts et à travers, ne veut pas dire que vous n’ayez pas  besoin de réponses à vos questions ou de partages entre mamans bienveillantes ! Simplement, c’est à vous de choisir les lieux, les moments, et les personnes avec qui vous souhaitez le faire.

Cela peut être à travers un livre de référence, une amie qui vous connait bien et qui sait vous écouter sans jugements, une doula (qui a été formée à l’écoute autour de la naissance), votre sage-femme, le groupe de mamans que vous avez rencontré lors de votre préparation à la naissance, ou bien encore des groupes de parole organisées par des associations ou la PMI…

Au début de votre grossesse, vous pouvez aussi prendre un petit carnet, qui vous servira de journal de bord. Vous pouvez y consigner vos questionnements, vos réflexions et noter les personnes ou lieux ressources auxquelles vous pourrez faire appel.

A vous de construire votre « roadmap » !

 

 

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