L’emmaillotage : rencontre avec Gabrielle, fondatrice de La Langerie

Gabrielle, fondatrice de la marque La Langerie, est une chef d’entreprise pleine de volonté et de passion. Nous étions d’abord très sensibles à son univers, elle a ce sens inné du Beau, et La Langerie est – en ligne comme en boutique – un espace vivant, plein de douceur et d’élégance. En la rencontrant, on a été épatées par sa force et sa sérénité à toutes épreuves. Elle avance. Son entreprise, elle l’a fondée avec une conviction très forte qui a d’abord révolutionné sa vie de maman et qu’elle a voulu ensuite partager avec tous : l’emmaillotage. Aujourd’hui, elle nous raconte comment elle l’a découvert et ce que cette pratique a changé pour elle, elle partage son expérience à l’étranger, et comment celle-ci a influencé son retour en France.

 

Comment as-tu découvert l’emmaillotage?

Avant d’être le point de démarrage de ma marque, l’emmaillotage, c’est une pratique qui a révolutionné ma vie de maman. J’en avais entendu parler depuis très longtemps car j’ai grandi dans cet univers. Mais je l’avais oublié et je l’ai redécouvert en devenant maman. C’est d’abord une voisine américaine qui me l’a remontré et ça m’a sauvée. A partir de la première semaine, je l’ai fait avec ma fille et elle a pu commencer à se calmer et à dormir plus longtemps qu’une heure ou deux. Ensuite pour mon fils, j’ai accouché aux Etats-Unis où l’emmaillotage est une pratique naturelle, évidente. C’est un geste aussi important que donner à manger à son bébé. Ca l’est d’ailleurs dans beaucoup de cultures en Asie, en Afrique. C’est en rentrant en France que je me suis rendue compte que ce n’était pas évident chez nous.  

Pourquoi ce geste était si peu répandu en France? 

En rentrant, j’ai cherché pourquoi ce n’était pas aussi naturel en France. Et j’ai compris qu’il y avait des craintes, des réticences, des croyances associées à cette pratique, comme le fait que l’emmaillotage empêche le bébé de bouger et de se développer, ou bien qu’il soit un facteur de risque pour la mort subite du nourrisson. Les peurs disparaissent avec la pratique. En fait, il suffit d’apprendre les bons gestes. C’est aussi une question de bon sens, on est des parents, donc on reste vigilant.

Aux Etats-Unis, je trouvais que les mamans n’étaient pas « maternées » justement. On leur expliquait les gestes et à elles ensuite de choisir les outils qui leur parlaient, pour soulager leurs bébés. Et moi j’avais plutôt envie qu’on réapprenne ce geste pour redonner la liberté de choix, plutôt que de dire « il ne faut pas faire parce que c’est risqué ». Il me semblait plus juste de donner toutes les informations aux parents et les laisser libres.

Pourquoi c’est si important pour toi ?  

Je voudrais réapprendre aux gens le geste de l’emmaillotage. C’est comme ça d’ailleurs que la Langerie est née, j’ai cherché une matière qui pouvait être le support de cette technique incroyable, qui est millénaire. C’était important pour moi de remontrer ce geste qui est la réplique de la position du bébé dans le ventre maternel. Et c’est donc logique pour moi que l’enfant ait besoin de retrouver à l’extérieur les sensations qu’on lui procure à travers un bout de tissu pour l’emmailloter. 

Comment ça se passe concrètement ? 

Moi c’est une nurse américaine qui me l’a véritablement montré à J+1. Ça veut dire que le bébé sort du ventre de sa maman, on le met dans un bout de tissu – c’est le principal trousseau du bébé aux Etats-Unis ! On vient sans rien à la maternité et on a la fameuse couverture américaine qu’on voit dans les films. Et c’est là-dedans que le bébé arrive. Il a son petit bonnet et rien d’autre, puisqu’il est dans le lange un peu en mode « maki ».

Comment tu l’as vécu en tant que maman ?

C’était très naturel pour moi car je l’avais déjà vécu avec ma fille. Mais j’étais déboussolée du fait d’accoucher à l’étranger et j’avais des craintes de ne pas tout comprendre à cause de la barrière de la langue. Mais en fait, il suffit d’un geste. Il n’y a pas besoin de parler. On me l’a montré. C’est un geste tellement simple, en deux trois coups il est acquis ! Il y a ensuite plein de variations qu’on peut faire quand on est plus à l’aise. Mais la technique de base est très simple et ça soulage beaucoup de mamans et de papas au démarrage de la vie avec un bébé

explicationemmaillotage
Quelle évolution observes-tu ?

A mon retour en France, ça n’était pas évident car il a fallu faire changer les regards. J’ai tout de suite créé ma marque donc j’en parlais beaucoup. Je faisais des salons, je rencontrais des professionnels, des parents. A l’époque, ce n’était pas aussi évident que maintenant. En six ans, je vois vraiment l’évolution, les mamans sont beaucoup plus ouvertes à ça, on parle beaucoup plus de parentalité. Elles vivent leur grossesse différemment. Aujourd’hui l’emmaillotage fait partie de beaucoup d’ateliers. A la maison, en suite de couche, les sages-femmes montrent désormais davantage ces gestes. Donc je vois des retours très positifs, les craintes sont apaisées. Le sujet est en quelque sorte démocratisé.

Quels sont les bienfaits que tu as observés ? 

Les retours sont très positifs et peuvent vraiment sauver. Quand le bébé ne dort pas pendant trois nuits ou ne fait que pleurer, un simple conseil de son entourage ou de professionnels : « tu as essayé l’emmaillotage ? » peut aider. Et en essayant on voit que ça fonctionne. Pour le bébé, ça apporte de la réassurance. Il retrouve les sensations connues. Pour lui qui sort d’une vie utérine, tout est nouveau. Les sensations sont à découvrir, qu’elles soient auditives, visuelles – car même s’il ne voit pas bien il va voir des formes dans tous les sens – les bruits. Il faut vraiment se mettre à la place de son bébé, et se dire que jusque là il avait une sensation de sécurité dans le liquide amniotique et à terme dans le ventre de sa maman, dans quelque chose de très serré, très comprimé, avec le bruit du coeur de sa maman. A la naissance il sera en demande de retrouver des sensations qu’il connait, comme pour préparer une douce transition.

Comment faire pour se renseigner et apprendre les bons gestes ? 

Les sages-femmes d’abord. Et il y a beaucoup de tutos sur internet. Nous, à La Langerie, on l’ajoute sur toutes les étiquettes de nos produits ou sur notre page Facebook puisque le lange est notre produit phare.

Mais je pense que c’est surtout quelque chose qui se passe de copine en copine, de grand-mère à petite-fille, de mère en fille. Ce sont des gestes qui se passent, comme les secrets pour la bonne position à prendre pour allaiter etc. Aujourd’hui, on a cette chance d’avoir un accès si facile à l’information, il n’y a plus qu’à essayer et se faire son opinion soi-même avec son bébé !

Pour en savoir plus sur La Langerie, découvrir les langes et tout son univers, rendez-vous sur leur site !

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