A LA RENCONTRE DE …. ELODIE !

A la rencontre d’Elodie, 34 ans, dynamique et douce maman de Victor, 5 ans, et Evan, 2 ans. Elle partage avec nous son évolution et comment elle a construit sa « petite voix intérieure », nourrie par son expérience de maman et d’assistante maternelle. 
Si tu devais choisir trois mots pour décrire ta grossesse, quels seraient-ils ? 

Émerveillement, Protection et Prise de poids !

Comment tu t’informais pendant ta grossesse  ?

Pour ma première grossesse, je ne souhaitais pas trop m’informer, pour éviter d’être polluée par des informations angoissantes. Je voulais profiter au maximum de chaque instant, fabriquer un petit cocon pour mon bébé. Je savais que tant qu’il était dans mon ventre tout se passerait bien. Je ne souhaitais pas tout savoir sur tout, de peur que des choses négatives ne m’arrivent.
Je ne voulais surtout pas entendre parler de grossesses qui se sont mal passées.J’ai d’ailleurs gardé un très mauvais souvenir d’une discussion avec ma belle-soeur. J’étais alors enceinte de 7 mois. Elle m’a raconté qu’une amie à elle avait perdu son bébé à 8 mois de grossesse, puis elle m’a parlé de bébé déformés, etc. Voilà exactement le genre d’informations auxquelles je ne voulais pas avoir accès… J’avais envie d’être entourée d’ondes positives en permanence.

Quelles étaient tes ressources pour répondre à tes questions ? 

Les cours de préparation à la naissance m’ont apporté ce dont j’avais besoin. Car à l’approche du terme, je voulais savoir comment allait se dérouler l’accouchement. En revanche, c’est après que j’ai appris énormément de choses sur la grossesse. J’ai partagé mon expérience avec d’autres femmes. On a un besoin irrépressible d’en parler. Pour ma deuxième grossesse, j’ai regardé l’émission « les maternelles » sur la 5, j’ai lu des articles sur internet, parfois je tombais sur des forums de discussion. Mais je ne voulais toujours pas entendre parler de mort.

Pendant la grossesse et les premiers mois après l’accouchement : qu’est ce qui t’a le plus manqué ? 

Ce qui m’a manqué, c’est un suivi plus humain, lors des consultations à l’hôpital. Je l’ai vécu comme une usine à femmes enceintes. Pendant la grossesse j’avais énormément de temps pour lire et me renseigner. Ce qui n’a plus été le cas après l’accouchement. Les trois premiers mois, j’ai eu à peine le temps de prendre une douche. J’aurais aimé avoir des conseils cohérents. On peut trouver toutes sortes de théories contradictoires. L’univers de la petite enfance est devenu un énorme business, les modes changent. Un coup, il faut mettre les bébés sur le ventre, puis sur le côté, et maintenant c’est sur le dos. Un autre exemple, de nos jours, on est pro-allaitement. Si j’avais su à quel point ça allait être fatiguant, que j’allais prendre encore plus de kilos, que j’allais avoir mal au dos pendant 3 ans, je ne l’aurais peut-être pas fait. Ce n’est vraiment pas facile de s’y retrouver dans tout ça.
Et qu’est ce qui t’a le plus aidée ? 
Ce qui m’a le plus aidé c’est l’échange avec d’autres parents et cette petite voix intérieure qui me disait de faire comme ceci ou comme cela. À chaque fois que je ne l’ai pas écoutée, je me suis trompée.
Je pense que le principal est de redonner confiance aux femmes. Les rassurer sur leurs compétences à être de bonnes mères. Nous avons élevé des enfants depuis la nuit des temps. Aujourd’hui la transmission transgénérationnelle se perd, c’est ce qui manque le plus aux femmes, je crois. On a jamais eu accès à autant d’information et pourtant on se sent seule. 
Chaque enfant est différent, il faut se laisser le temps de créer du lien et d’apprendre à le connaître. Sauf qu’aujourd’hui, les femmes doivent être des mères et des épouses parfaites :  allaiter, faire du bio, porter son bébé en écharpe 24h/24h, les éveiller, répondre à chacun de ses besoins, tout ça sans dormir, mais en gardant le sourire, s’il vous plaît. Sans oublier d’être la meilleure des amantes pour notre mari. Il ne faut pas être une mère parfaite, mais une « mère suffisamment bonne » comme le dit Winnicott.
La grosesse a-t-elle influencé ta créativité ?  
 Je suis très manuelle et créative depuis toute petite, mais la société ne valorisant pas cela, je l’ai toujours ignoré. Pendant ma grossesse ma créativité s’est réveillée. J’avais envie de créer de mes mains. Comme si le fait de porter la vie avait réveillé en moi une envie irrépressible d’inventer de nouvelles choses.
Pour une fois, je m’autorisais à être libre, adulte et enfin moi-même. Être mère est un vrai bouleversement, surtout au niveau des émotions. Avant je n’avais pas la larme facile, mais maintenant, un rien peut me provoquer de l’émotion.

Mais les idées ont vraiment émergé après ma grossesse. Lorsque j’ai commencé à « sortir la tête de l’eau ». Aujourd’hui je crée au travers de : Calendrier photos, cadeaux pour les parents des enfants que je garde, création avec les enfants, dessins, etc.

As-tu eu des envies d’entreprendre pendant ta grossesse ? 

Oui, j’ai toujours eu beaucoup d’idées. J’ai voulu développer une gamme de chaussures pour garçons. Et après avoir organisé une babyshower pour ma belle-soeur et des amies, j’ai eu envie de devenir organisatrice de babyshower. J’ai également eu beaucoup d’idées sur des produits à inventer, concernant des choses qui m’ont manqué pendant ma grossesse et après.

Est-ce que tu as trouvé difficile de t’affranchir des règles culturelles, sociales, familiales ? Qu’est-ce qui t’a aidée à définir ta propre voie ?  

 Concernant mes grossesses, je ne crois pas avoir eu de difficultés à ce sujet. Mais les enfants remettent beaucoup de principes en question. On a un idéal de vie et d’éducation au départ. Mais ce sont nos enfants qui nous font grandir, évoluer et devenir de bien meilleurs parents.
La chose la plus compliquée pour moi est de vivre en proximité avec de la famille ou des amis, ayant eux-mêmes des enfants. Nous n’avons pas tous le même fonctionnement et le même mode d’éducation. Cela peut engendrer de gros conflits.
Là aussi, il faut être créatif, trouver des terrains d’entente et discuter de manière adulte.
On en apprend tous les jours avec les enfants. Il est important de se documenter, d’échanger avec son conjoint, parents et amis.
Les enfants révèlent le pire et le meilleur de ce qu’il y a en nous. Ils sont capables de nous mettre hors de nous et en même temps on est capables de déplacer des montagnes pour eux.
Quelle est l’étape de préparation de l’arrivée de bébé que tu as préférée ?  

J’ai adoré préparer ma valise pour la maternité. Car ça devenait concret. Ces tout petits pyjamas, body, bonnets, etc. dans lesquels on imagine notre futur bébé …

Etait-ce facile d’intégrer le papa ? Te souviens-tu d’une activité ou d’un rituel qui vous a permis de vivre cette grossesse en vous sentant ensemble ?

Mon conjoint, n’était pas très intéressé par la grossesse. Peut-être pas suffisamment concret pour lui. J’aurais aimé faire de l’haptonomie, mais ça ne lui plaisait pas. Par contre les échographies étaient des moments magiques. Entendre le cœur de son enfant, le voir bouger et surtout savoir que tout va bien.

Si tu pouvais créer ou contribuer à quelque chose en rapport avec la maternité, qu’est-ce que ce serait ?  

J’adorerais confectionner une statuette représentant une femme enceinte en argile.
Si tu devais choisir une vertu, qualité que tu aimerais offrir à ton enfant pour l’aider à vivre une vie heureuse, quelle serait-elle ?

La joie de vivre, l’optimisme.

Si tu étais à nouveau enceinte aujourd’hui, que ferais-tu différemment ? 

Je ne ferais pas une préparation à la naissance classique. Du chant prénatal par exemple… Et je mangerais moins!!!

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